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Depuis les tréfonds du Moyen-Âge:
l'origine du drapeau "Rot un Wiss"

 


Dès le XIe s., l’armée du premier duc de Lorraine, Gerhard d’Alsace (1024-1070) arborait les deux bannières, rouges et blanches. Au Moyen-âge, les blasons des villes et des familles alsaciennes montrent une forte récurrence de l'association des couleurs rouge et blanc ("Rot un Wiss", en Alsacien), tant et si bien qu'elles apparaissent comme spécifiquement alémaniques. En effet, dans l'aire alémanique, qui s'étend dans le Rhin supérieure (Alsace, pays de Bade, Suisse septentrionale, Autriche occidentale) on observe le même phénomène.

Ainsi les armes des grandes villes alsaciennes comme Strasbourg, Mulhouse, Ensisheim, Guebwiller, Sélestat, Munster, Wissembourg associent les seules couleurs rouges et blanc. Mais ces couleurs sont également celles de la Confédération Helvétique et de la famille des Habsbourg, originaire d'Alsace et fondatrice de l'empire autrichien.
 

STRASBOURG MULHOUSE SELESTAT WISSEMBOURG
ENSISHEIM
 

 

Plus loin, on trouve le rouge et le blanc associés dans les armoiries du comté de Nordgau (Alsace du nord), utilisées à partir de 1262 par le Landgrave issu des comtes de Werd. Le blason rouge et blanc de l’évêque de Strasbourg, Walther von Geroldseck, deviendra celui de la cité entière lorsqu’elle se libèrera de la mainmise ecclésiastique. Plus tard, c’est sur l’étendard déployé "Rot un Wiss" que, chaque année, les bourgeois de la Ville libre impériale de Strasbourg prêtaient leur serment de fidélité à la Constitution (Schwörtag) au pied de la cathédrale. Et ce cérémonial dura jusqu'à la Révolution. C’est encore le drapeau rouge et blanc qui flottait autrefois sur la plate-forme de la cathédrale pour indiquer la direction des incendies qui pouvaient se déclarer dans la ville.
 

 

Au cours du Moyen-âge, une bordure rouge sur le blason d'une famille alsacienne indique sont appartenance à une vaste alliance de seigneurs alsaciens. On trouve par exemple cette bordure sur le blason des comtes de Dabo, des Ribeaupierre ou de la famille de Ratsamhausen.

A la fin du XVe-début XVIe s., le Rot un Wiss est repris lors des soulèvements paysans du Bundschuh tel qu’on peut le voir sur une gravure de 1522 figurant un paysan révolté, armé à la manière des lansquenets et déployant la bannière rouge et blanche sur laquelle est inscrit le cri de l’insurection : "Freyheit ".

Plus tard, il apparaîtra même dans certains dessins de Hansi, notamment ceux qui se rapportent à la visite de Charles X en Basse-Alsace (1828) où, dans les villages pavoisés traversés par le roi, à côté des trois fleurs de Lys, symbole de la royauté, on voit flotter à toutes les maisons, et jusque sur le clocher de l’église, la bannière alsacienne "Rot un Wiss". Et si le blason de Basse-Alsace est rouge et blanc, il en est de même du costume traditionnel alsacien où l’on retrouve associés le rouge et le blanc (avec le gilet rouge porté sur chemise blanche).

 


L'entrée du roi Charles X dans un village alsacien (Hansi)